Dans la même rubrique
Accueil :
- Accueil FR
- Productions scientifiques
- Ouvrages
- Droit,
- Publication,
Actes de la journée en hommage au professeur Stéphane Doumbé-Billé
Sous la direction de Kiara NERI, Gérard AÏVO et Frédérique LOZANORIOS
Liste des auteurs : Gérard AÏVO, Ibrahima LY, Paulo Affonso LEME MACHADO, Frédérique LOZANORIOS, Mohamed ALI MEKOUAR, Kiara NERI, Laurent SERMET, Michel PRIEUR, Paul VERMA VERMA
► Consulter la publication
Avant-propos de Kiara NERI, Gérard AÏVO et Frédérique LOZANORIOS :
La journée dédiée au professeur Stéphane Doumbé-Billé, organisée à l’Université Jean Moulin Lyon 3, le 13 février 2020, et dont les actes ont été recueillis au sein du présent ouvrage, a été l’occasion de réunir les personnes qui ont compté dans sa carrière, ses amis de toujours, ses doctorants ou anciens doctorants. Son décès a indubitablement assombri la fête et la joie qui auraient dû entourer la remise de ses mélanges. Néanmoins, la maintenir a été l’occasion de lui rendre hommage, et, plus précisément, de rendre hommage au juriste brillant et atypique qu’il était, et à sa très riche carrière académique.
Le programme a été construit autour des trois axes qui ont servi de colonne vertébrale à ses travaux scientifiques : l’environnement, le droit international général et le droit régional africain.
Ses travaux en matière environnementale ont forgé sa renommée internationale et c’est grâce à ses compétences qu’il a été sollicité comme expert par de très nombreuses organisations internationales, notamment de la famille des Nations unies. Les thématiques environnementales, tels le droit international des changements climatiques, le développement durable et le droit applicable à la protection des forêts ont été au cœur de ses recherches. C’est dans ce cadre qu’il a rencontré certains de ses plus fidèles amis, notamment ceux qui ont coordonné ses Mélanges et qui ont participé au présent ouvrage, comme Michel Prieur, Ali Mekouar et Paulo Affonso Leme Machado.
Mais Stéphane Doumbé-Billé, fondateur et ancien directeur du Centre de droit international de l’université Jean Moulin Lyon 3, reste avant tout, comme il se définissait lui-même, un internationaliste. Le droit international général, ses mécanismes, ses sources, ses acteurs, sa théorie et ses différentes branches étaient pour lui un champ d’investigations sans limites. C’est également cette matière qu’il a le plus enseigné tout au long de sa carrière, et nombreux sont les étudiants auxquels il a su la faire découvrir. Les cours du professeur ne ressemblaient à aucun autre, et réunissaient à la fois la rigueur juridique qui le caractérisait et la spontanéité, qui le conduisait toujours vers des anecdotes, des « histoires » issues de sa propre expérience.
C’est aussi principalement dans le domaine du droit international qu’il a exercé le « job de sa vie », tel qu’il le décrivait, celui de directeur de thèse. Grâce à des méthodes parfois très déroutantes pour ses doctorants, il s’est employé à former de nouvelles générations d’internationalistes et d’environnementalistes, pour que ce qu’il a créé subsiste. Le champ des thèses qu’il a dirigées est extrêmement large, du droit international humanitaire au droit de la responsabilité, en passant par le droit international de l’énergie, le droit international des droits de l’homme, le droit des minorités et le droit de la mer. Dans ce cadre, nous, ses plus anciens doctorants, avons à cœur de marquer, par cet ouvrage, l’importance que notre directeur a eu dans nos parcours académiques doctoraux et, par voie de conséquence, dans notre construction intellectuelle. Nul doute que les disciples que nous sommes avons été influencés par les pensées et les démarches méthodologiques de construction et d’analyse du maître. Nous sommes aujourd’hui, parmi d’autres, des héritiers et désormais, des « fructificateurs » de sa riche doctrine.
Enfin, le troisième pilier des travaux de recherche du professeur Stéphane Doumbé-Billé concerne le droit africain. Constitutionnel et administratif, d’abord, régional, ensuite, ce droit a marqué sa carrière. Il lui a également permis d’acquérir une renommée qui force l’admiration sur le continent. La communauté des internationalistes africains lui a d’ailleurs rendu un vibrant hommage à travers les différentes thématiques africaines qui ont été abordées dans les Mélanges qui lui ont été consacrés en février 2020.
Dans le présent ouvrage, qui se veut avant tout un hommage des plus anciens doctorants de Stéphane Doumbé-Billé à leur maître, hommage auquel se sont volontiers associés quelques-uns de ses amis et collègues, les trois domaines des travaux de recherche du dédicataire ont été « labourés ». En effet, en droit de l’environnement, ce sont les professeurs Michel Prieur, Ali Mekouar et Paolo Affonso Leme Machado qui ont d’abord largué les amarres : le premier s’est efforcé de faire le bilan du droit de l’environnement au xxie siècle, le second a tenté de restituer les idées de Stéphane sur la « forêt », tandis que le troisième s’est attelé à jauger l’efficacité du droit de l’environnement au Brésil relativement à la protection de l’Amazonie.
En droit international général, ce sont deux disciples du dédicataire, Madame Frédérique Lozanorios et Monsieur Gérard Aïvo qui ont consacré leurs réflexions respectivement à la lutte contre les abus sexuels des casques bleus dans les opérations de maintien de la paix, et à la question des combattants irréguliers dans les nouvelles tendances de conflits armés. Enfin, dans le domaine du droit africain, Monsieur Paul Verma Verma, l’un des plus jeunes doctorants du Centre de droit international, s’est d’abord penché sur les liens entre l’Afrique et la Cour pénale internationale, tandis que Laurent Sermet, professeur à Sciences Po Aix et également membre du Centre de droit international a mis en lumière les paradoxes du droit de la nationalité à Madagascar. Enfin, Ibrahima Ly, professeur à l’université Cheikh Antar Diop de Dakar, a tenté de restituer l’œuvre africaine du professeur Doumbé Billé en droit public et droit de l’environnement.
Voilà donc le « menu » de cet ouvrage intime et joyeux, probablement loin d’être à la hauteur du personnage qu’il était, mais qui, sans nul doute, se veut modestement un symbole, du moins un témoignage de respect, d’affection et de souvenirs partagés.
Cher Professeur, cher Maître, cher Stéphane, paraphrasant l’écrivain et poète sénégalais Birago Diop, nous tenons à te dire que les morts ne sont pas morts. Ils sont dans les livres feuilletés dans les bibliothèques, ils sont dans les revues consultées, sur des sites spécialisés. Ils sont dans les débats doctrinaux, dans les conférences et les colloques empreints de leurs idées, de leurs concepts, de leurs écrits, de leur mémoire et de leur héritage académique.
- Caractéristiques
-
Année de publication : 2020
Collection : Les Cahiers de l'EDIEC
Format : En ligne
Numéro : n°2
Nombre de pages : 138 p
