Le contexte international est marqué par un phénomène de « backlash », c’est-à-dire des attaques violentes contre les droits des femmes, des filles et des personnes LGBTQIA+ par des Etats et des mouvements anti-droits coordonnés et très largement financés. De lourdes coupes budgétaires dans de nombreux pays ont provoqué une baisse sans précédent de l’aide publique au développement mondiale.
L’espace civique se réduit, l’action des associations, aussi diverses soient-elles, en France et à l’international, se heurte à des obstacles de plus en plus imposants, et, au total, ce sont la solidarité internationale voire la démocratie qui sont menacées.
Cette tendance n’est pas irréversible. En limiter les conséquences à moyen terme, et construire des sociétés justes à long terme, passe par une prise de conscience d’une grande partie des autorités publiques et des citoyennes et citoyens, par le fait de reconnaître nos interdépendances politiques, sociales et économiques par-delà les frontières, et par la construction de larges alliances entre acteur·ices institutionnel·les, professionnel·les, universitaires et associatifs pour défendre la solidarité internationale, l’égalité de genre et la démocratie.
La solidarité ne relève pas d’un idéal lointain. Elle correspond à une pratique portée quotidiennement par de nombreuses actrices et acteurs.
Dans cette perspective, à partir du 18 mai 2026, à Lyon, en collaboration avec de nombreuses acteur·ices partenaires, Equipop organise une série d’évènements complémentaires : une tournée des solidarités internationales féministes dans la métropole lyonnaise, en collaboration avec nos partenaires associatifs et institutionnels ; une collaboration avec le festival Meraki à l’Université Jean Moulin Lyon 3, avec une participation à une journée d’études « Faire société à l’ère de l’indifférence » et à un atelier théâtre croisant création artistique et solidarité internationale ; et enfin, le séminaire stratégique présenté ci-dessous.
Objectifs du séminaire :
Dans un contexte marqué par des recompositions géopolitiques profondes – tensions démocratiques, chute de l’aide publique au développement, circulation transnationale de discours anti-égalité - les politiques publiques nationales et locales ne peuvent plus être pensées de manière isolée.
Les droits des femmes et des filles s’inscrivent dans des logiques transnationales. Les violences faites aux femmes démontrent que l’intime est profondément politique : émotions, normes sociales et rapports de pouvoir dans la sphère privée reflètent et alimentent les dynamiques géopolitiques. Ainsi, démocratie, stabilité et paix ne peuvent exister sans garantir la sécurité et la dignité des femmes. Ces enjeux appellent des réponses cohérentes et solidaires, articulées du local à l’international.
Co-organisé par Equipop et le CEE-EDIEC (Université Jean Moulin Lyon 3), ce séminaire réunira une cinquantaine de chercheur·euses, élu·es, diplomates et responsables associatives afin :
- d'analyser l’actualité du continuum de violences sexistes : de l’intime au (géo)politique ;
- d’examiner les ressources mobilisables pour y faire face, notamment les leviers de la diplomatie féministe française (2025–2030), et formuler des recommandations opérationnelles.