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The Handmaid's Tale et le droit international public
Actes du colloque de Lyon (16 septembre 2022)
Sous la direction de Caroline CORNELLA, Pauline DE BILBAO et Rosalie LE MOING
Liste des auteurs : Augustine ATRY, Gaëtan BALAN, Caroline CORNELLA, Elliot DOUCY, Leslie-Anne DUVIC-PAOLI, Rosalie LE MOING, Nathan LILLE, Mariette Aïcha NTIENJEM MADU, Marie-Lise PAOLI, Arthur THÉVENET et Zina YACOUB
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Propos introductifs (extrait) de Caroline CORNELLA :
(...) Écrit en 1985 par l’autrice canadienne Margaret Atwood, The Handmaid’s Tale traduit en français par La servante écarlate constitue une dystopie ou une « ustopie » originale. L’œuvre a très vite su conquérir les différents medium (cinéma, théâtre) jusqu’au succès qu’elle connaît depuis 2017 à travers son adaptation sous forme de série télévisée. Œuvre d’envergure, l’histoire a connu une réception extrêmement favorable en pleine Guerre Froide, mais aussi de nos jours. En effet, l’attraction pour The Handmaid’s Tale a très vite dépassé la sphère du divertissement pour devenir un symbole actuel dans le cadre de plusieurs mouvements et revendications nationales comme internationales. En arborant volontairement une cape rouge et un bonnet blanc, la « contagion iconographique » de The Handmaid’s Tale s’est particulièrement illustrée en matière de droits des femmes notamment lors de manifestations en faveur du droit à l’avortement ou encore le mouvement « Me too ». À la fiction se sont donc mêlés réalisme et droit.
Ce rapprochement entre fiction et réalité s’explique aisément. En suivant les aventures de June Osborn (dénommée Defred puis Dejoseph et traduit de l’anglais « Offred » puis « Ofjoseph »), le lecteur comme le spectateur visualisent de nombreuses problématiques peu étrangères à notre société internationale passée et actuelle. Illustré par la République de Gilead (traduit en français par « Galaad »), l’univers nous plonge dans une terre soumise à une détérioration environnementale ayant provoqué des problèmes de fertilité de la terre comme des êtres humains. Depuis le coup d’État des « Fils de Jacob », l’usage des armes, envers les résistants au régime et les civils, y est quotidien. Les violations des droits fondamentaux de la personne humaine sont monnaie courante, particulièrement pour les femmes, lesquelles sont classées, différenciées et utilisées en fonction de leur capacités reproductives et sociales. À l’image, par exemple, des servantes, femmes fertiles vêtues de rouge, livrées à l’esclavage sexuel pour la reproduction ou encore des femmes mutilées, tuées ou internées dans des camps de travail forcé en raison de leurs « mauvais » comportements ou de leurs orientations sexuelles. Les tentatives de fuir la dictature théocratique masculine sont sévèrement réprimées. Si la communauté internationale semble à la fois venir en aide aux réfugiés et appuyer le gouvernement en exil, elle soutient également, par le biais d’accords commerciaux, un Gouvernement dont la légitimité peut être contestée.
The Handmaid’s Tale constitue ainsi un formidable terreau pour l’étude d’enjeux juridiques anciens comme nouveaux en droit international public. Aujourd’hui, The Handmaid’s Tale est à même d’imprégner certaines actualités internationales mais aussi de raviver certaines interrogations, pratiques comme théoriques, déjà connues de la discipline juridique (...).
- Caractéristiques
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Année de publication : 2023
Collection : Les Cahiers de l'EDIEC
Format : En ligne
Numéro : n°3
Nombre de pages : 215
